«L’argent est mis ailleurs que dans les soins aux aînés, notamment dans l’augmentation de cadres depuis 2004. Cette situation ne peut plus durer. On veut rencontrer l'Agence pour présenter élaborer un plan global d’amélioration des services», a résumé Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CSN).
Soins mois fréquents, alimentation rapide, taux élevé de roulement du personnel, augmentation du nombre d’épuisements professionnels et des congés maladies, les exemples étaient nombreux pour décrire la situation actuelle, dénoncée jeudi matin en conférence de presse.
«Pour sauver du temps, on utilise une chaise-douche pour nettoyer les résidents, alors que ça devrait être pour eux un temps de relaxation. (…) On peut être seul pour faire manger quatre personnes en 45 minutes. Il y a une pénurie de personnel», témoigne Denis Giguère, vice-président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CSSS de Québec-Sud et préposé aux bénéficiaires.
Sous la moyenne provinciale
Le groupe multidisciplinaire MCE Conseils a été mandaté pour analyser la performance globale des CHSLD à Québec. Dans son rapport, MCE Conseils évalue à un manque de 18 minutes de soins par jour par résident.
«Ça représente un manque de 10 personnes par établissement, soit 80 au total à Québec. Près de 1300 résidents sont touchés par cette pénurie de main-d’œuvre. Le département des soins est sous-financé. Il faudrait investir de 2 M$ à 3 M$ de plus chaque année», calcule Benoît Bachand, conseiller en finance et administration chez MCE Conseils.
«Nos membres sont épuisés, à bout de souffle. Il y a un sous-financement des heures-soins, et ce sont les résidents qui écopent. Le bain est remis à la semaine prochaine s’il y a un manque d’effectif» - Jacques Guérin, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CSSS de Québec-Sud
«On a sensibilisé l’employeur il y a un an. Il n’y a jamais eu de retour sur le rapport, ni de changements apportés. Il y a deux semaines, on a réalisé une étude qui démontre une moyenne de 1,67 heure de soins, en-dessous de la moyenne provinciale de 1,99 heure», a renchéri M. Bachand.
Le président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CSSS de Québec-Sud, Jacques Guérin, propose quelques pistes de solution pour améliorer le sort des travailleurs qui sont «épuisés, à bout de souffle». «On devrait embaucher plus de personnel, réduire le nombre de travailleurs d’agences et avoir une meilleure communication avec la direction», a-t-il exprimé.
Groupe Québec Hebdo.

