Le nombre de personnes atteintes de légionellose a très peu augmenté depuis 72 heures, a fait savoir la Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale (DRSP). Même si la DRSP ne va pas jusqu’à déclarer l'éclosion terminée, elle indique qu'elle est sous contrôle. Rappelons que le bilan est actuellement de 176 cas de légionellose, dont 11 décès.
Depuis le 20 août 2012, la DRSP, en collaboration avec la Ville de Québec, a multiplié les actions de contrôle de la légionelle dans les tours de refroidissement. Puisqu’il faut en général de deux à dix jours à une personne qui est exposée à la légionelle pour développer la maladie, le nombre de cas devait diminuer à partir du 24 août pour être occasionnel à partir du 3 septembre.
Pour la Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale, la source de légionellose a été détruite par les efforts de nettoyage des tours de refroidissement puisque les symptômes des personnes atteintes de légionellose se sont manifestés majoritairement avant le 24 août.
Présentation des résultats de l'enquête épidémiologique
Le docteur François Desbiens avait demandé un avis juridique pour savoir s’il pouvait rendre publiques les données résultant de son enquête épidémiologique. «J’ai reçu une réponse mercredi. Tout ce que je dois tenir confidentiel, ce sont les données relatives aux individus», a-t-il fait savoir.
En conséquence, la DRSP informera la population sur la ou des sources potentielles de contamination dans un rapport qu’elle entend présenter autour de la mi-octobre. Dans cette publication, le directeur rendra compte des différents résultats de cultures obtenues pour l'ensemble des tours prélevés, comme le prévoient les lois entourant les actions du directeur régional de santé publique.
Longues analyses
Reste que les analyses en laboratoire prennent du temps. Les échantillons d’eau prélevés dans les tours de refroidissement ont été envoyés aux laboratoires du Centre d'expertise en analyse environnementale du Québec ainsi qu'à l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST). Une fois les échantillons reçus, ils doivent être traités pour stimuler la croissance de la légionelle dans des milieux favorables à son identification.
Il faut prévoir environ 15 jours pour permettre aux bactéries de se développer correctement. Cette étape permet de déterminer si l’on retrouve réellement de la Legionella pneumophila dans l'eau prélevée, selon quelle concentration et si elle appartient au sérogroupe 1, le groupe actuellement responsable de l'éclosion.
Sauf qu'une tour de refroidissement peut contenir de la légionelle sans pour autant être une menace à la santé. Il faut donc s'assurer que la signature génétique de la bactérie obtenue est la même que celle des patients. «C’est un peu comme pour les livres Où est Charlie? Il faut retrouver le vrai Charlie parmi une mer de personnages qui lui ressemblent. Nous ignorons encore si nous avons retrouvé la légionelle que nous recherchons», précise la docteure Isabelle Goupil-Sormany, médecin-conseil dans l'équipe santé et environnement à la DRSP.
Par ailleurs, la Ville de Québec assure avoir fait ses devoirs de son côté en inspectant toutes ses tours de refroidissement. Pas soucis de dissiper toutes les craintes de la population, d’autres équipements en lien avec l’eau tels que les bassins de rétention, mais également les camions destinés à l’entretien des rues et à l’arrosage des fleurs ont été inspectés sans qu’une source de légionellose ne soit découverte.
Québec Express, membre du Groupe Québec Hebdo

