Les femmes ont droit à des avortements sécuritaires, sanitaires et gratuits dans nos hôpitaux.
Ce n’est pas le cas dans les pays pauvres du Tiers-monde. Les femmes là meurent des avortements de fond de cour dans des conditions insalubres et dangereuses.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’an dernier 62 000 femmes africaines sont décédées aux mains d’avorteurs de fortune, mortes souvent dans des conditions horribles.
Ceci présent un dilemme pour Stephen Harper qui est personnellement contre l’avortement et veut plaire à la droite religieuse canadienne qui vote massivement pour son Parti conservateur aux élections.
Mais Harper n’ose pas recriminaliser l’avortement au Canada.
C’est trop risqué pour lui dans un Canada ou 73% des personnes sont d’accord pour « permettre » un avortement lorsque qu’une femme et son médecin jugent que c’est nécessaire.
Cette semaine Harper avait à choisir. Il a posé un geste important en annonçant à la grande joie de la droite religieuse qu’il mettera fin au financement par le Canada des avortements pour les femmes dans les pays pauvres du Tiers-monde.
Avec les élections qui approchent, Harper se trouve en quelque sorte prisonnier de cette droite religieuse, qui l’appuie non seulement en grand nombre mais en argent et en intensité. Il ne doit pas se la mettre à dos.
Pauvre Harper! Lorsqu’il est allé à Davos en Suisse en janvier dernier, il a annoncé que la « santé maternelle » serait le premier sujet à l’ordre du jour de la réunion des pays du G-8, qui aura lieu dans la région des Muskokas, au nord de Toronto, les 25 et 26 juin.
Il voulait poser un geste clair en faveur des femmes du monde, croyant dans sa tête pouvoir parler de « santé maternelle » sans parler d’avortement. Il pensait à des vaccins et de l’eau potable, la bonne nourriture et des mamans avec de beaux enfants en santé.
Harper voulait bien faire -- notre Harper au chandail bleu et ses chats dodus qui à cœur la santé des mamans qu’il souhaite heureuses, gloussant de plénitude avec une marmaille à leurs pieds.
Hillary Clinton des États-Unis, et le secrétaire britannique au Foreign Office David Miliband l’ont vite mis au pas.
Ils lui ont dit clairement que ce n’est pas la réalité de la « santé maternelle » dans un pays pauvre pour une femme qui vit dans la misère avec 10 enfants, et se fait violer constamment.
La décence humaine l’exige qu’on lui glisse un mot sur les moyens de contrôler les naissances.
il voulait bien faire. Mais le voilà pris devant les pays du G-8 avec un débat sur l’avortement. Sa base politique d’un bord, et le reste du Canada de l’autre, ce qui n’est jamais un clivage politique souhaitable.
Le débat sur l’avortement reprend
La Secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a expliqué à Stephen Harper la condition féminine dans les pays pauvres du Tiers-monde (photo BPM)
Au Canada l’avortement est une affaire entre une femme et son médecin depuis 1987.
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