C’est néanmoins avec un «Bonjour Québec» qu’elle est apparue hier soir sur scène, un vieux gilet des Nordiques à la main, et c’est par une salve d’applaudissements que lui a répondu le public qui, quelques secondes plus tôt, scandait le prénom de la multiartiste américaine. D’emblée, Whoopi Goldberg a fait preuve de cette honnêteté qui la caractérise, avouant avoir oublié ses pantalons de scène chez elle. Amusée plus que décontenancée, elle a prévenu la foule de ne pas s’attendre à une performance de l’actrice de Jumpin’ Jack Flash; elle allait utiliser de gros mots.
Jusqu’à la fin, elle aura d’ailleurs tenu parole, et les gros mots auront flirté avec une froide mais drôle franchise. Ménopause, corps vieillissant, sexe, drogues, technologie : la célèbre humoriste a puisé dans le quotidien et l’intime pour amuser la galerie – avec succès. Les différences entre le passé et le présent, les hommes et les femmes, les Noirs et les Blancs ont causé une hilarité générale, à laquelle une gestuelle expressive et une maîtrise de la scène n’étaient pas étrangères. On les sentait complices, Whoopi Goldberg et son public.
Celui-ci, composé à parts apparemment égales de francophones et d’anglophones, a pu interroger la vedette à la fin du spectacle. Conseils pour qui rêve d’être acteur, projets, politique américaine… : celle à qui tous s’adressaient par son prénom a répondu avec spontanéité et générosité. Célèbre, mais d’une rare simplicité : une combinaison gagnante pour les quelque 4000 personnes réunies à l’Agora, qui ont ovationné l’humoriste.
Bel accueil pour QW4RTZ
En première partie, le quatuor QW4RTZ a également eu droit à sa part d’amour du public, après une solide performance d’art vocal. Les «quatre petits gars qui trippaient sur la voix humaine» ont notamment enchaîné Billie Jean (Michael Jackson), Fly me to the moon (Frank Sinatra) et Julie (Colocs), avec une finale relevée de The lion sleeps tonight (Solomon Linda).

