«Pour la première année, on a réussi à faire pousser un jardin, c’est un succès dans la mesure de nos connaissances et de nos compétences. D’une année à l’autre, ce sera de plus en plus florissant et plus volumineux comme production», avance le responsable du volet architecture des Urbainculteurs, Simon Lepage. Le volume récolté est un peu en dessous de l’objectif espéré par l’organisme. Le temps n’a pas aidé les jardiniers en herbe, l’été et ses chaleurs se sont pointés le nez tard au Québec cette année. Jusqu’ici, M. Lepage évalue qu’environ 200 kilos ont été récoltés et d’autres le seront d’ici les gels d’octobre. En plus, les trois principaux responsables du toit-jardin n’avaient pas de formation en horticulture. «Ce qu’on a réussi à prouver, c’est que des gens qui n’ont pas vraiment de connaissances dans ce domaine peuvent s’approprier la technologie, admet Simon Lepage. Pour l’année prochaine, on veut s’entourer d’horticulteurs d’expériences qui vont pouvoir vraiment optimiser la plantation.»
«On est surpris de l’endroit. On voulait venir voir pour comprendre comment se faisait la production. C’est différent du jardin du Musée de la civilisation. Ça donne le goût d’avoir un toit plat pour jardiner», ont commenté les visiteurs d’un jour, Martine Gérard et Jean-François Delisle.
L’activité Fous de toit permet à la population de découvrir et déguster différentes espèces de légumes. La co-fondatrice des Urbainculteurs, Marie Eisenmann, sensibilise les visiteurs aux notions de sécurité de l’achat local et de souveraineté alimentaire dans le cadre d’une visite guidée. Pour la première fois samedi, le public était invité à venir faire de l’auto-cueillette de tomate. «C’est ce que mon conjoint et moi avons fait, confie Dominique Tremblay. De la cueillette de tomates en pleine ville. Ça donne une saveur encore plus agréable, de voir que des zones habituellement tristes en apparence peuvent devenir aussi vivantes.»
Par ailleurs, l’idée germe lentement au sein de la communauté d’affaires de Québec. Déjà, des architectes liés à des centres de personnes âgées ont démontré un intérêt pour les bacs Biotop. De plus, les retombées positives semblent visiblement palpables à la Maison de Lauberivière puisque les cuisines utilisent les légumes poussés sur son toit. «Je suis sensible au fait que les gens de Lauberivière ont accès aux récoltes, ce sont de belles initiatives faites en ce sens», explique Dominique Tremblay venue visiter l’endroit. «Lauberivière sert près de 300 repas par jour. Le jardin ne peut pas cependant combler tous les besoins de la Maison», prévient le responsable en architecture des Urbainculteurs. Par ailleurs, des projets de réinsertion sociale seront mis sur pied l’an prochain pour la clientèle de l’organisme venant en aide à près de 5000 sans-abris et personnes en difficultés. Des visites libres sont toujours possibles jusqu’à la fermeture du jardin. Après quoi, il sera fermé jusqu’au printemps.

