L’R des centres de femmes rejoint chaque année 300 000 femmes par ses 102 centres membres du regroupement. Ces femmes de toutes les régions du Québec sont à la source des orientations que nous portons contre l’appauvrissement et la violence faite aux femmes et pour l’égalité des femmes et des hommes.
Depuis deux ans, les centres de femmes ont multiplié les démarches auprès du gouvernement pour faire valoir l’importance d’un système de santé public, gratuit et de qualité de même que l’urgence de cesser toute forme de tarification des soins et services de santé. En effet, sur le terrain, nous constatons que les femmes sont inquiètes. Inquiètes de ne pas pouvoir payer les soins dont elles et leurs proches ont besoin, inquiètes de ne pas pouvoir manger si des médicaments doivent accaparer une partie de leur revenu, inquiètes de ne pas avoir assez de temps ni de santé mentale pour s’occuper de tou.te.s les laissé.e.s pour compte du système de santé et de services sociaux.
Nous avons applaudi la sage décision d’abandonner le ticket modérateur. Cependant, nous restons indignées du maintien de la taxe appelée contribution santé qui, dès le prochain rapport d’impôt, sera de 25$ et qui doit atteindre 200$ par année et par adulte en 2012.
Cette mesure est injuste car, même si certaines personnes à très faible revenus en seront exemptées (environ un million de personnes), la classe moyenne sera la première à porter le fardeau de cette mesure fiscale régressive.
Prenons l’exemple d’une famille composée de deux adultes et deux enfants mineurs et qui gagne 30 000$ par année après impôt. Une taxe de 200$ par adulte représente 1,3% de leur revenu annuel. La même taxe ne représente que 0,13% du revenu d’une famille similaire qui gagne 300 000$ par année. Quel type de gouvernement veut augmenter le fardeau fiscal de la classe moyenne et des plus pauvres des travailleurs et travailleuses?
Il est notoire qu’encore en 2010, les femmes ne gagnent en moyenne que 70% du revenu des hommes. C'est-à-dire que nous sommes surreprésentées dans la classe moyenne inférieure. Messieurs, madame, les femmes ne veulent pas être obligées de s’endetter pour payer des soins de santé médicalement requis. Nous ne voulons pas être appauvries par des politiques fiscales régressives qui protègent les mieux nantis et les entreprises privées. Les services publics doivent être financés à partir des impôts qui sont payés par tous les contribuables en fonction de leurs revenus.
Nous sommes d’accord que le système de santé public a besoin d’amélioration et d’un meilleur financement. Pourquoi ne pas envisager d’autres solutions pour renflouer les coffres de l’État? Les propositions porteuses de justice sociale ne manquent pas : contrôle du coût des médicaments, révision des mesures fiscales destinées aux entreprises, ajout de paliers d’imposition et révision des taux d’imposition à la baisse pour la classe moyenne inférieure et à la hausse pour les revenus de plus de 100 000$. Selon la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, ces trois mesures rapporteraient à elles seules plus de trois milliards de dollars à l’État québécois. Qu’attend votre gouvernement pour les mettre en place?
Messieurs les ministres, madame la ministre, nous vous exhortons à agir au plus vite pour mettre fin à cette atteinte au droit à la santé et pour favoriser l’égalité entre les hommes et les femmes.
Lyse Cloutier,
présidente de L’R des centres de femmes du Québec
Hélène Falardeau, Monique Foley et Johanne Pelletier
du Centre des femmes de la Basse-Ville
Québec
