Les sept jeunes de 18 à 30 ans participent au Chantier urbain «pour se remettre en action, se trouver un projet de vie», explique le coordonnateur Jean-Philippe Côté. Au début du Chantier d’une durée de six mois, les participants se fixent des objectifs. Alors que certains viennent y acquérir de l’expérience de travail, d’autres viennent développer leur côté social ou des aptitudes recherchées en milieu de travail comme l’assiduité, la ponctualité, l’autonomie et l’initiative. «On travaille surtout sur un projet de vie.»
Un volet «formation citoyenne» est offert. Cela comprend des cours sur le budget, l’alimentation, les saines habitudes de vie. D’autres iront y chercher des conseils pour orienter leur carrière. Ils vont aussi, voire surtout, chercher une confiance en soi.
La méthode de travail est simple pour ces effaceurs de graffiti. Ils font d’abord une tournée de repérage. Ils notent l’adresse et photographient le graffiti. Ils joignent ensuite le propriétaire de l’endroit pour savoir s’il est intéressé à ce qu’on efface le dessin, gratuitement.
Des moyens alternatifs peuvent aussi être proposés afin qu’un autre graffiti ne réapparaisse pas dans les jours suivants, comme de laisser pousser sur un mur de brique de la vigne, installer un éclairage adéquat ou sensible aux mouvements, ou créer une murale professionnelle. De façon générale, les graffiteurs respectent ces murales.
Jean-Philippe Côté estime qu’il y aurait environ une trentaine de graffiteurs à Québec. Difficile de les circonscrire dans un groupe précis. Certains en font pour le seul dessein du vandalisme, alors que d’autres y trouvent leur compte du point de vue artistique.
Les participants Samuel-Olivier Laflamme et Steve Marois constatent que la plupart des graffiti ne sont que du vandalisme. Rarement, des propriétaires demandent toutefois de garder leur graffiti sur leur propriété, lorsque celui-ci s’apparente plutôt à une oeuvre d’art.
Encore cette année, plus de 1000 graffiti auront été effacés. La plupart sont des «tags», sorte de signature. Selon Sam et Steve, beaucoup sont signés «FMR», probablement pour désigner «éphémère». Grâce à ces deux participants ainsi que les cinq autres, ces graffiti sont en effet très éphémères.
