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Limoilou en scène dans un roman


Publié le 13 avril 2018

Richard Ste-Marie

©Photo gracieuseté – Francine McNicoll

L’auteur de Québec, Richard Ste-Marie, s’est fait plaisir dans son dernier roman en mettant en scène son Limoilou d’enfance. Loin du Montréal de ses précédents romans et du gentil inspecteur philosophe Francis Pagliaro, l’inspecteur en question dans le livre «De ton fils charmant et clarinettiste» est plutôt du genre méchant policier cynique.

Dans ce nouveau roman, Marcel Banville, ancien voyou et policier à la carrière peu exemplaire, hérite d’une enquête sur des meurtres sordides de prêtres pédophiles, quelques semaines avant sa retraite. Quand ce jour arrive, il reprend son rôle en toute illégalité pour tenter d’éclaircir les raisons qui ont poussé sa mère, autour de laquelle de nombreux religieux gravitaient, à mettre fin à ses jours.

«Cette histoire-là, je voulais que ce soit à Québec, dans mon quartier d’enfance. J’y ai mis les rues et les bâtiments que je connais. C’est un plaisir de retourner dans ma jeunesse», mentionne l’auteur, qui, de plus en plus, souhaite puiser dans ses souvenirs et ses expériences personnelles pour enrichir son écriture. D’ailleurs, l’une des scènes qui se déroule sur le balcon de la résidence de Marcel Banville est inspirée d’une conversation qu’il a eue avec sa propre mère.

Lui-même ancien musicien, professeur à l’École des arts visuels de l’Université Laval et élève au Séminaire de Québec, Richard Ste-Marie puise dans les univers qu’il a connus pour bâtir ceux de ses personnages. «Mes livres se passent toujours dans les mondes de la musique, de l’art et de la religion», explique-t-il.

Pour ce dernier roman, l’auteur s’est inspiré d’histoires de prêtres qui ont abusé d’enfants, comme les cas présentés dans le film «Spotlight», et de scandales de blanchiment d’argent mettant en cause la banque du Vatican, entendus alors qu’il résidait en Italie.

M. Ste-Marie était loin d’imaginer qu’un jour il mettrait en scène un méchant policier, alcoolique et cynique, comme il est souvent question dans les polars. «J’ai fait un personnage de policier que je n’aime pas beaucoup dans les romans. Finalement, j’ai eu du fun à le faire», rigole l’auteur qui a pu s’amuser avec un enquêteur au langage de voyou et au passé délinquant, ce qu’il n’a pas l’habitude de faire. Dans ses cinq précédents romans, le personnage principal est un inspecteur gentleman qui écoute de la musique classique.

M. Ste-Marie, qui habite aujourd’hui Charlesbourg, n’exclut pas la possibilité qu’un jour, malgré leurs différences de caractère, les chemins de Marcel Banville et Francis Pagliaro finissent par se croiser. «J’y pense parfois, ce serait intéressant.»