Les « courtepointes » monoprint d’Elise Whittemore explorent la forme, le motif et le processus

Le mois dernier, nous avons tous eu une leçon sur le pouvoir de l’espace négatif : ce passage au moment de totalité de l’éclipse, lorsque la position de la lune a bougé juste un peu …

Les « courtepointes » monoprint d'Elise Whittemore explorent la forme, le motif et le processus

Le mois dernier, nous avons tous eu une leçon sur le pouvoir de l’espace négatif : ce passage au moment de totalité de l’éclipse, lorsque la position de la lune a bougé juste un peu et que tout était soudainement différent, nouvellement lumineux, avec le halo du soleil redéfinissant la lune. « Black Quilts », l’exposition de monotypes d’Elise Whittemore à Soapbox Arts à Burlington, rappelle ce moment.

Sa suite de gravures abstraites et géométriques crée un mouvement musical sur les murs de la galerie ; elle répète les formes, les fait pivoter, les superpose ou les retourne, donnant une impression de tempo et de rythme. « Ils travaillent tous sur l’idée d’un bloc de courtepointe, en déposant une forme simple dans un quadrant, puis en la faisant pivoter et en la répétant pour créer un motif », a décrit l’artiste de Grand Isle dans un e-mail. « J’aime l’idée de simples éléments de construction créant quelque chose de complexe et changeant, ainsi que la sensation de temps et d’espace traversés. »

"Réclamé/Non réclamé III - COURTOISIE

Certaines pièces de l’artiste sont en réalité matelassées. Elle coud plusieurs imprimés ensemble avec des points presque parfaits pour créer des compositions plus grandes, ajoutant l’élément visuel saisissant d’une ligne pointillée noire à ses géométries. Toutes les pièces apparaissent tactiles, du fil à la richesse de l’encre noire en passant par les impressions des plaques d’impression dans le papier. Cela donne à sa palette monochromatique une ampleur et un intérêt visuel.

En imprimant du blanc sur du noir, puis parfois à nouveau comme un « fantôme » sur du papier blanc, Whittemore obtient une gamme de tons et de textures d’encre. Cela est particulièrement évident dans « Black Quilt (Wander) », où de nombreuses permutations semblent marcher partout.

Il est logique que Whittemore se lance dans ce travail avec une formation en conception graphique et en mise en page. Chaque centimètre carré du cadre est pris en compte, en particulier l’espace négatif et l’équilibre entre les éléments. Une agréable surprise est que son travail n’est pas difficile. Des traces d’encre subsistent sur les bords de ses plaques de plexiglas et de ses formes en vélin ; les erreurs d’enregistrement sont imprimées dans le papier. Celles-ci révèlent un processus physique d’investigation plus qu’un exercice de gravure parfaite.

"Black Quilt III (nommé/sans nom)" - COURTOISIE

L’attention de Whittemore à la précision graphique est bien équilibrée avec son amour évident des matériaux et des processus. La galeriste Patricia Trafton a déclaré qu’un visiteur a décrit les tirages comme « juteux mais beaux ».

Voir le spectacle peu après la mort de Frank Stella, le 4 mai, a fait penser à ses Peintures noires (1958-1960). Il poursuivait une manière de peindre qui n’incluait pas de représentation, d’émotion ou quoi que ce soit d’autre que le processus consistant à appliquer de la peinture sur la toile – un enregistrement de rayures, laissant de fines lignes de toile brute qui délimitent le chemin du pinceau. Le projet de Whittemore n’est pas aussi ambitieux que de renverser l’expressionnisme abstrait, mais elle a également une appréciation minimaliste des qualités formelles de l’art.

Surtout avec sa série « Claimed/Unclaimed », Whittemore réfléchit à l’espace et à ses possibilités. Elle décrit son processus comme « une action figurative ayant lieu, et encore une fois, reconsidérée, évoluant dans une direction différente ».