Le juge rejette le procès lié à la controversée course automobile de Formule E de Montréal 2017

Un entrepreneur qui poursuivait la Ville de Montréal pour ne pas avoir considéré sa candidature à l’organisation d’une course de voitures électriques en 2017 n’a pas réussi à obtenir l’indemnisation de plus de 3 millions …

Le juge rejette le procès lié à la controversée course automobile de Formule E de Montréal 2017

Un entrepreneur qui poursuivait la Ville de Montréal pour ne pas avoir considéré sa candidature à l’organisation d’une course de voitures électriques en 2017 n’a pas réussi à obtenir l’indemnisation de plus de 3 millions de dollars qu’il réclamait.

Un juge a suggéré qu’il n’y avait aucune preuve qu’Alexandre Choko aurait gagné de l’argent, même s’il avait été sélectionné pour diriger l’événement très critiqué de Formule E, qui a été annulé après un an avec un déficit de plusieurs millions de dollars.

«Selon la prépondérance de la preuve, Choko n’aurait pas réalisé de profit en vertu d’un contrat de service», a écrit le juge Louis Charette de la Cour supérieure dans une décision rendue plus tôt ce mois-ci.

Choko a intenté une action en justice en 2018 après que le vérificateur général de Montréal a publié un rapport accusant l’ancien maire Denis Coderre d’avoir utilisé une entreprise à but non lucratif pour contourner les règles régissant la tenue de la course.

Ce rapport indique que Coderre et son bureau ont été avertis à plusieurs reprises par leurs représentants légaux que l’organisme à but non lucratif – Montréal c’est électrique – ne devrait pas servir d’intermédiaire entre la Ville et une entreprise privée. L’organisme à but non lucratif se révèle être une extension de la ville et la mairie garde le contrôle des décisions prises par Montréal c’est électrique.

Choko allègue dans sa poursuite que Coderre et son bureau ont contourné une loi qui aurait exigé un appel d’offres auprès des entreprises intéressées à organiser la course. Profitant de son statut d’organisme à but non lucratif – qui, contrairement à une ville, n’est pas tenue de tenir un processus d’appel d’offres ouvert – Montréal c’est électrique a choisi la société de gestion d’événements Evenko pour gérer l’événement.

«La Ville utilise le véhicule de (l’organisme sans but lucratif) pour contourner les exigences de la (loi) et la nécessité de procéder à un appel d’offres», lit-on dans le document judiciaire, qui ajoute que Montréal c’est électrique était un « ligne de transmission »entre la ville et la direction de la Formule E.

Toutefois, le jugement souligne également qu’il existait d’autres raisons légitimes de créer un organisme à but non lucratif pour agir à titre de promoteur et que la Ville a structuré la création de Montréal c’est électrique de manière à « assurer le respect des exigences législatives applicables » même même si la ville souhaitait clairement rester en charge de l’organisation.

Bien que Charette ait conclu que la Ville de Montréal avait mal agi dans certains domaines, il a déclaré que Choko n’avait pas réussi à démontrer qu’il avait subi un préjudice, car il n’y avait aucune preuve qu’il aurait été sélectionné pour promouvoir l’événement dans le cadre d’un concours ouvert, et encore moins gagné de l’argent.

Il a déclaré que même si Choko était un promoteur, il n’avait aucune expérience dans l’organisation d’événements de cette envergure et que sa seule expérience dans le secteur automobile était liée à un salon automobile en 1999. De plus, selon le juge, les sommes réclamées étaient basées sur les honoraires que Choko avait espéré gagner plutôt que sur une comptabilité solide.

Pour pouvoir revendiquer une occasion perdue, un demandeur doit démontrer que ses effets sont « réels et graves, et que sa survenance est probable », a-t-il écrit, ajoutant que ce n’était pas le cas.

La Formule E devait se dérouler pendant trois ans à Montréal, mais la première édition s’est vendue à 25 000 billets et a été considérée comme un échec, ce qui a conduit Valérie Plante à l’annuler après avoir battu Coderre lors de la course à la mairie de 2017.

Le procès de Choko indiquait que l’organisation à but non lucratif avait mis fin à ses activités après cette décision, avec un bilan affichant un déficit de plus de 17,7 millions de dollars.

La Formule E a poursuivi la ville en justice pour l’annulation des deuxième et troisième années, ce qui a abouti à un règlement de 3 millions de dollars en 2021.