Cette usine de fabrication d’explosifs pourrait-elle être dans le futur de Sault ?

Le Premier ministre Mark Carney a annoncé son intention de construire une nouvelle usine pour fabriquer de la nitrocellulose, le principal ingrédient de la poudre à canon. Enfouies dans une stratégie industrielle de défense de …

Cette usine de fabrication d'explosifs pourrait-elle être dans le futur de Sault ?

Le Premier ministre Mark Carney a annoncé son intention de construire une nouvelle usine pour fabriquer de la nitrocellulose, le principal ingrédient de la poudre à canon.

Enfouies dans une stratégie industrielle de défense de 58 pages publiée par le premier ministre Mark Carney, se trouvaient de brèves références à un projet d’usine de fabrication susceptible de donner un coup de pouce au secteur des pâtes et papiers en difficulté du Nord de l’Ontario.

La plupart des médias n’ont accordé que peu ou pas d’attention à la haute priorité que la stratégie accorde à la construction d’une usine de production canadienne pour fabriquer de la nitrocellulose – traditionnellement un ingrédient clé dans la fabrication des balles de ping-pong.

Mais la nitrocellulose a de nombreuses utilisations au-delà du tennis de table.

Également connue sous le nom de guncotton, flash paper, flash cotton, nitrate de cellulose, flash string ou pyroxyline, la nitrocellulose est fabriquée à partir de pâte de bois.

Il s’agit d’un polymère naturel contenant 12,5 % d’azote et qui, en séchant, donne une matière blanche et pelucheuse.

Au 19ème siècle, il était utilisé pour produire de la rayonne et d’autres fibres synthétiques anciennes.

C’est un ingrédient populaire dans les vernis à ongles et les laques utilisées pour finir les guitares.

D’un intérêt particulier pour le gouvernement canadien, la nitrocellulose est hautement inflammable et constitue le principal ingrédient de la poudre à canon moderne ainsi que des propulseurs à poudre et des explosifs pour fusées solides.

La semaine dernière, la stratégie de l’industrie de défense publiée par Carney a annoncé la création d’un nouveau programme de résilience de l’industrie de défense canadienne (CDIR), avec une usine de nitrocellulose comme priorité urgente.

« Le nouveau CDIR fournira un soutien ciblé aux entreprises canadiennes pour accroître leur capacité de production de biens, d’équipements, de services et de matériaux liés à la défense », indique le document stratégique.

« Son domaine d’intervention initial consistera à aider les entreprises canadiennes à accroître leur capacité de production de munitions et d’explosifs de défense, y compris leurs composants et matériaux.

« L’un des composants clés des munitions modernes est la nitrocellulose, un propulseur utilisé dans une grande variété d’armes à feu et d’artillerie.

« Une des priorités du RICC sera d’établir une capacité de production canadienne de nitrocellulose, la production devant démarrer en 2029. »

La nouvelle usine pourrait être construite n’importe où au Canada, mais la principale source de cellulose utilisée pour fabriquer la nitrocellulose est la pâte de bois, largement disponible dans le nord de l’Ontario.

L’été dernier, le conseiller. Corey Gardi et conseiller. Ron Zagordo a convaincu Sault Ste. Le conseil municipal de Marie examinera la faisabilité d’attirer « une ou plusieurs installations canadiennes de production de défense et de munitions ».

« L’implantation d’une installation de production de défense à Sault Ste. Marie pourrait stimuler considérablement l’économie locale, créer des emplois et diversifier la base industrielle du Nord de l’Ontario, ce qui s’alignerait sur les objectifs des gouvernements fédéral et provincial en matière de développement régional », indique une résolution approuvée par le conseil municipal.

Un rapport préparé en août 2025 par la Banque Nationale du Canada a fortement plaidé en faveur de la production canadienne de nitrocellulose.

« La nitrocellulose, ou guncotton, est la base propulsive des obus d’artillerie de 155 mm – des munitions que le Canada produit déjà avec son expertise nationale et qu’il intensifie pour fournir à ses alliés », indique le rapport.

« Pourtant, bien qu’il soit l’un des plus grands producteurs de pâte de bois au monde, le Canada ne produit pas de nitrocellulose, ce qui expose nos chaînes d’assemblage à des intrants étrangers de plus en plus rares.

« Avec l’engagement d’Ottawa d’augmenter les dépenses de défense à 5 pour cent du PIB d’ici 2035 et un nouveau programme de soutien au secteur forestier frappé à nouveau par les tarifs douaniers américains, l’opportunité est claire : convertir la pâte à papier en carburant et transformer une industrie soumise aux pressions commerciales en une pierre angulaire de la défense nationale et alliée. »

« La nitrocellulose est indispensable à la fabrication de poudre à canon sans fumée, d’explosifs, de films, de revêtements, de textiles, d’adhésifs et de produits pharmaceutiques. »

« Bien qu’il figure parmi les cinq plus grands producteurs de pâte au monde et qu’il produise une pâte dissolvante de la plus haute qualité au monde, le Canada ne fabrique aucune nitrocellulose. Au lieu de cela, nous exportons de la pâte brute à l’étranger tout en important de la nitrocellulose finie – une vulnérabilité flagrante à une époque où la demande alliée augmente et où les chaînes d’approvisionnement sont fragiles.

« Peu de pays disposent à la fois des ressources et du savoir-faire industriel nécessaires pour combler cet écart. Le Canada en a — et il devrait agir », recommande le rapport de la banque.