En réclamant la désignation de zone économique spéciale, le maire souhaite qu’une plus grande part de la richesse minière de Sudbury retourne dans les coffres municipaux
Dans le monde d’aujourd’hui, la défense nationale n’est plus définie uniquement par les frontières et les bataillons. Il est défini par les chaînes d’approvisionnement, la sécurité énergétique et le contrôle des minéraux essentiels qui alimentent les systèmes de défense avancés, les infrastructures modernes et les technologies propres.
Alliés comme concurrents se battent pour sécuriser ces ressources, car elles sont à la base de la force économique, de la sécurité nationale et du leadership technologique. Du nickel qui durcit les équipements militaires et renforce les infrastructures critiques au cuivre qui alimente les réseaux avancés, les systèmes radar et les batteries de nouvelle génération, ces minéraux sont essentiels au monde moderne.
Bon nombre de ces minéraux essentiels sont découverts, raffinés et avancés ici même, dans le Grand Sudbury. Ils ne restent pas ici. Ils se mettent au service de l’ensemble du Canada et de nos alliés, faisant de cette communauté un front essentiel dans la course mondiale pour savoir qui contrôlera les industries et les technologies de l’avenir.
D’autres pays comprennent ce qui est en jeu. Les États-Unis et la Chine dépensent des milliards pour assurer leur propre approvisionnement. À mesure que la concurrence mondiale s’intensifie, chaque retard accroît notre vulnérabilité. Perdre le contrôle de minéraux critiques n’est pas un risque hypothétique. C’est une menace réelle pour notre souveraineté.
Si le Canada et l’Ontario souhaitent sérieusement protéger leur indépendance économique à une époque d’instabilité géopolitique et d’incertitude commerciale, ils doivent désigner le Grand Sudbury comme zone économique spéciale.
Le Grand Sudbury est l’un des carrefours miniers critiques les plus importants au pays. Au cours des cinq prochaines années, nous passerons de neuf à 15 mines à l’intérieur de nos limites municipales, sans compter les opérations supplémentaires situées juste à l’extérieur de nos frontières qui dépendent de notre main-d’œuvre, de nos infrastructures et de nos services.
Notre ville s’étend sur une superficie de la taille de l’Île-du-Prince-Édouard. Nous entretenons plus de 3 600 kilomètres de routes et un réseau de systèmes d’aqueduc et d’égout qui desservent nos communautés et soutiennent un écosystème industriel plus vaste. Ces services et commodités permettent d’attirer et de retenir la main-d’œuvre qualifiée dont dépend le secteur minier.
Ce n’est pas un choix que nous avons fait. C’est la réalité d’être la communauté sur laquelle le Canada compte pour extraire ces minéraux du sol. Pourtant, notre modèle de financement municipal n’a jamais été conçu pour assumer une responsabilité d’une telle ampleur.
Les résidents du Grand Sudbury fournissent l’infrastructure de base d’une industrie de plusieurs milliards de dollars comptant une population d’environ 190 000 personnes. Près du tiers du PIB du Nord de l’Ontario provient du Grand Sudbury, mais la grande majorité des redevances minières générées ici vont à Toronto et à Ottawa. Seule une petite fraction revient à la communauté qui rend cette prospérité possible. Le résultat est un fardeau croissant et injuste pour les contribuables locaux.
Depuis plus d’un siècle, la richesse créée ici a contribué à financer les autoroutes, les systèmes de transport en commun, les arénas et les programmes nationaux dans toute la province et le pays. Le coût de l’entretien des infrastructures qui génèrent cette richesse est resté ici, avec nous. Ce déséquilibre est dépassé, insoutenable et n’est plus stratégiquement valable.
Une désignation de zone économique spéciale est la solution pratique. Cela garantirait qu’une part plus équitable de la richesse générée dans le Grand Sudbury soit réinvestie dans le Grand Sudbury, dans les routes, le logement, les systèmes d’approvisionnement en eau et le développement de la main-d’œuvre. Cela contribuerait également à alléger la pression sur le logement et les services sociaux dans une ville en croissance rapide pour répondre aux besoins de la chaîne d’approvisionnement du Canada.
Ce n’est pas un cadeau. Le cadre des zones économiques spéciales de la province et les initiatives Chantiers Canada du gouvernement fédéral existent exactement pour des moments comme celui-ci. Nous leur demandons d’utiliser ces outils ici et maintenant.
Cette désignation renforcerait également nos partenariats avec les communautés autochtones, qui ont été essentiels au développement responsable des ressources dans cette région. Le Grand Sudbury se trouve sur les terres traditionnelles de la Première Nation Atikameksheng Anishnawbek et Wahnapitae, et nous sommes devenus un modèle pour faire avancer de grands projets grâce à un véritable partenariat.
Un statut de zone économique spéciale fournirait la capacité fiscale nécessaire pour approfondir ce travail et garantir une prospérité partagée. Le fait est que le Grand Sudbury assume une responsabilité nationale sur le budget local depuis des générations. Nous n’avons pas attendu que quelqu’un d’autre fasse valoir notre point de vue. Nous l’avons fait nous-mêmes.
Bâtir un Canada plus fort et protéger l’Ontario nécessite de renforcer les communautés qui rendent cette sécurité et cette souveraineté possibles. Le Grand Sudbury est l’une de ces communautés. Il est temps que nous soyons traités ainsi.