Linda Debassige, chef du Grand Conseil de la Nation Anishinabek, lance un appel aux intervenants du secteur minier réunis au congrès de la PDAC
Aux investisseurs, aux sociétés minières, aux représentants gouvernementaux et aux parties prenantes réunis à la conférence de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (PDAC) à Toronto, la Nation Anishinabek, qui soutient et défend les intérêts de 39 Premières Nations membres de l’Ontario, souhaite être claire : une véritable certitude dans le développement des minéraux essentiels ne peut être obtenue que par un partenariat véritable et équitable avec nos nations.
Pendant trop longtemps, nos droits et nos territoires ont été bafoués lors de l’exploitation des ressources. En tant qu’intendant de ces terres depuis des millénaires, les droits de notre nation – tant inhérents que issus de traités – seront reconnus et respectés comme le fondement d’un développement responsable. Sans notre participation pleine et significative, les projets sont par nature incertains, instables et non durables.
Nous reconnaissons la demande mondiale de minéraux essentiels et les opportunités économiques qu’elle présente ; cependant, ces opportunités ne doivent pas se faire au détriment des droits de notre nation, de l’environnement ou des générations futures. La seule façon de garantir la certitude et le succès à long terme est de nouer des partenariats fondés sur le respect mutuel, la confiance et les bénéfices partagés.
Cela signifie que lors de l’examen des projets, les investisseurs, les sociétés minières, les représentants du gouvernement et les parties prenantes doivent aller de l’avant en observant et en reconnaissant ce qui suit :
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Un véritable partenariat prend du temps : nos Premières Nations membres ne s’engageront dans des projets qu’en tant que véritables partenaires – avec un pouvoir décisionnel, le respect de nos connaissances traditionnelles et le partage des avantages.
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Le consentement doit être pleinement respecté : nos Premières Nations membres exerceront leur droit au consentement libre, préalable et éclairé. La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) doit faire partie intégrante de tout projet. Les projets qui se déroulent sans le consentement de nos Premières Nations membres ou qui n’intègrent pas la DNUDPA dans un projet peuvent être considérés comme illégitimes et pourraient faire face à une opposition farouche.
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Les droits légaux et issus de traités sont primordiaux : tout développement doit respecter strictement les traités et les droits inhérents, avec des mécanismes clairs d’application et de responsabilité.
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Les protections environnementales et culturelles sont essentielles : les sites sacrés, les eaux et les écosystèmes des Premières Nations doivent être protégés. Ceux-ci ne sont pas négociables. Les connaissances et préoccupations traditionnelles des Premières Nations font partie intégrante du développement durable.
Au nom de nos Premières Nations membres, nous appelons tous les investisseurs, dirigeants de l’industrie et représentants gouvernementaux à reconnaître que la certitude en matière de développement des ressources est ancrée dans le respect et le partenariat avec nos Premières Nations qui sont les premiers intendants de ces terres, ce qui n’inclut pas ceux qui s’identifient comme faisant partie de la Nation métisse de l’Ontario. Toute tentative de marginaliser ou de contourner nos Premières Nations membres mettra non seulement en péril le succès du projet, mais sapera également la légitimité du processus de développement lui-même.
Les Premières Nations membres de la Nation Anishinabek sont prêtes à collaborer avec ceux qui s’engagent en faveur d’un engagement respectueux et d’une prospérité partagée. Nos Premières Nations membres n’accepteront pas de projets qui violent nos droits ou ignorent notre souveraineté. Notre avenir – et celui de nos enfants – dépend de l’établissement de relations fondées sur la confiance, le respect et le bénéfice partagé.
Pour parvenir à une véritable certitude, travaillons ensemble en tant que véritables partenaires : les Premières Nations, l’industrie et le gouvernement. Rien de moins constitue un risque pour tous les projets à venir.
Nous sommes ici, nous sommes présents et nos Premières Nations membres défendront nos droits et nos terres.
Miigwech,
Linda Débassige
E’ntami-niigaanzid Gimaa (Chef du Grand Conseil)
Nation Anishinabek
La nation Anishinabek jeil est un défenseur politique de 39 Premières Nations membres de l’Ontario, représentant environ 70 000 citoyens. La Nation Anishinabek est la plus ancienne organisation politique de l’Ontario et ses racines remontent à la Confédération des Trois Feux, qui existait bien avant l’arrivée des Européens.