Le sixième et dernier roman de l’auteur de Charlotte, Stephen P. Kiernan, Le dernier amant de Pollocksorti le 19 mai, raconte l’histoire de deux femmes obsédées : Ruth, une ancienne mannequin qui prétend avoir été la maîtresse et la muse de l’artiste Jackson Pollock juste avant sa mort, et Gwen, une jeune associée ambitieuse dans une maison de vente aux enchères de New York. Leurs chemins se croisent lorsque Ruth, maintenant octogénaire et portant peut-être un bracelet de trop, se présente à l’improviste chez le patron de Gwen avec un sac poubelle. À l’intérieur se trouve un tableau qui, selon elle, était le dernier de Pollock. Elle souhaite que la maison de vente aux enchères vende l’œuvre, l’enchère commençant à 50 millions de dollars. Gwen, chargée de la tâche potentiellement professionnelle de vérifier l’authenticité du tableau, se retrouve prise dans une compétition acharnée et dans les egos du monde de l’art.

Comme les trois romans précédents de Kiernan — Le Château de Verre (2023), Univers de Deux (2020) et Le secret du boulanger (2017) — Le dernier amant de Pollock est une pièce d’époque, qui s’étend sur deux époques : dans ce cas, l’époque des salades bohèmes du centre-ville de New York dans les années 1950 et le milieu dynamique des quartiers chics adjacents à Sotheby’s du début des années 2000. L’auteur alterne entre les deux, nous invitant à voir les parallèles entre la quête de sens et de but de Ruth à l’époque des soutiens-gorge pare-balles, des hommes effrayants et des cocktails à la crème de menthe, et celle de Gwen à l’aube de l’ère moderne des girlboss.
Dans ce portrait de l’autonomisation des femmes, le génie masculin torturé est toujours le véritable protagoniste – non seulement à cause de la politique de genre, mais aussi parce que ces personnages souffrent d’un manque de complexité psychologique. Mais ce page-turner, lecture de plage par excellence, propose également une immersion sexy dans deux époques révolues ; vous trouverez par exemple des cuisses qui pourraient « tirer une charrue » et des chemises qui « déverseraient » les épaules des femmes. Pensez à « Bridgerton », mais pour l’ensemble « artistique ». ➆