Sault Ste. Le sidérurgiste Marie s’attend à ce que les commandes de tôles pour la défense et la construction navale relancent le carnet de commandes en 2026
Le PDG d’Algoma Steel, Rajat Marwah, qualifie la performance lamentable du premier trimestre 2025 de Sault Ste. Marie, un « véritable tournant » dans la transition vers une nouvelle ère sidérurgique.
La société a annoncé des ventes de plaques record au premier trimestre, en hausse de 11 pour cent par rapport au trimestre précédent, une tendance qui ne fera que s’améliorer dans les mois à venir alors que la pleine capacité de son complexe de fours à arc électrique (EAF) sera mise en service plus tard cette année.
Avec 553 millions de dollars de liquidités et des coûts de construction en baisse pour son projet de fournaise d’un milliard de dollars, Algoma a déclaré qu’elle peut désormais se concentrer stratégiquement sur les opportunités de croissance à long terme au Canada.
Dans ses résultats publiés après la fermeture des marchés le 12 mai, Algoma a enregistré une perte nette de 154,9 millions de dollars pour le trimestre se terminant le 31 mars, comparativement à 24,5 millions de dollars pour la même période l’an dernier.
Cela fait suite à une année 2025 désastreuse au cours de laquelle Algoma a perdu près d’un milliard de dollars – 984,6 millions de dollars américains – et a absorbé une perte de 364,7 millions de dollars au quatrième trimestre.
Les expéditions d’acier au cours du premier trimestre 2026 se sont élevées à 223 681 tonnes, soit une forte baisse par rapport aux 469 431 tonnes expédiées au cours du premier trimestre 2025.
Algoma s’attend à ce que les expéditions améliorent la montée en puissance progressive de son complexe de fournaises électriques ainsi que la recherche de davantage de clients canadiens.
«Mais la direction est claire et la trajectoire s’améliore», a déclaré Marwah dans un communiqué de presse, soulignant les opportunités à l’horizon alors qu’Algoma cible les clients des secteurs canadiens de la défense et de la construction navale.
Algoma envoie déjà des tôles à Davie Shipbuilding pour fabriquer des brise-glaces de la Garde côtière canadienne.
En janvier, Algoma a signé un protocole d’entente avec le constructeur de sous-marins sud-coréen Hanwha Ocean Co., finaliste pour décrocher un contrat de défense canadien visant à relancer la flotte de sous-marins de la marine.
Cela s’accompagne d’un accord de 250 millions de dollars avec Hanwha pour investir dans la construction d’une potentielle poutre en acier de construction à Sault, ainsi que d’une commande d’achats d’acier d’une valeur de 50 millions de dollars.
Algoma voit également un grand potentiel dans la fourniture d’un constructeur de véhicules blindés fabriqué au Canada, devenu l’un des favoris de l’armée ukrainienne dans son combat en cours contre la Russie. Ils ont formé une coentreprise avec Roshel Inc. de Brampton pour fournir de l’acier pour ses véhicules blindés, ce qui, selon Algoma, « étend notre portée dans la production souveraine d’acier balistique ».
Pendant des décennies, Algoma a produit diverses spécifications de plaques de blindage pour l’armée américaine et d’autres dans le monde.
« Ce ne sont pas des opportunités spéculatives », a déclaré Marwah dans un communiqué. « Ils reflètent l’extension logique de ce qu’Algoma, avec sa plateforme EAF modernisée et ses capacités uniques en matière de plaques, est en mesure de fournir. Nous pensons que nous disposons des liquidités, de la base opérationnelle et de l’orientation stratégique nécessaires pour créer de la valeur à long terme pour nos parties prenantes. »
En tant que seule usine de tôles d’acier au Canada, Algoma a déclaré qu’elle bénéficie de prix « supérieurs » et d’une position très compétitive sur le marché, ce qui compense la chute des prix des bobines d’acier due à l’offre excédentaire au Canada de la part d’autres producteurs d’acier nationaux.
Au cours du trimestre, Algoma a payé 27,4 millions de dollars en droits de douane américains, car elle expédie toujours 28 pour cent de sa production de l’autre côté de la frontière, bien loin de ses volumes historiques de 45 à 55 pour cent. Toutefois, Algoma insiste sur le fait que le marché américain leur est pratiquement fermé en raison des droits de douane de 50 pour cent sur l’acier canadien imposés par l’administration Trump.
La détérioration de la situation en 2025 a forcé Algoma à opter plus tôt que prévu pour son nouveau complexe de fours efficaces. Elle a immédiatement coupé le cordon de ses activités de hauts fourneaux et de coke, ce qui a entraîné ce printemps le licenciement de 1 000 employés.
Pour résister à la tempête, Algoma a pu survivre grâce à 500 millions de dollars de prêts fédéraux et provinciaux à faible taux d’intérêt afin de réduire sa consommation de liquidités tout en recherchant de nouveaux clients nationaux pour vendre ses tôles et ses tôles.
Mais Marwah a déclaré lors d’un forum d’affaires et politique à Toronto le mois dernier que le gouvernement doit encore faire davantage pour imposer publiquement l’utilisation de l’acier canadien dans l’approvisionnement de projets tout en réprimant le dumping étranger.
Marwah et son équipe de direction répondront aux analystes de l’acier lors d’un appel Web à 11 heures le 13 mai.