Par Sarah McCarthy, PDG, Conseil du jeu responsable
Les parents travaillent dur pour protéger leurs enfants du danger. Nous leur apprenons à regarder des deux côtés avant de traverser la rue et à être prudents en ligne. Mais une menace croissante se cache bien en vue sur les téléphones de leurs adolescents : la normalisation du jeu en ligne chez les jeunes.
Au Conseil du Jeu Responsable (RGC), nous travaillons depuis 40 ans à prévenir les méfaits du jeu. Ce à quoi nous assistons actuellement est sans précédent. Les adolescents d’aujourd’hui sont entourés de jeux de hasard comme les générations précédentes n’en ont jamais connu. Le message est constant : les paris sont une partie normale et amusante de la vie numérique.
Mais voici la vérité : pour toute personne de moins de 19 ans en Ontario, le jeu en ligne est illégal. Et parce que leur cerveau est encore en développement, les jeunes sont confrontés à des risques uniques qui rendent le jeu chez les mineurs particulièrement dangereux.
La parfaite tempête de risques
Le cortex préfrontal, la zone du cerveau responsable du contrôle des impulsions et de l’évaluation des risques, n’atteint sa pleine maturité qu’au milieu de la vingtaine. Cela signifie que les adolescents sont neurologiquement moins équipés pour reconnaître quand une « chose sûre » est en réalité un pari perdant, ou quand un pari occasionnel est devenu un problème.
À l’approche d’étapes sportives majeures comme March Madness, la pression exercée sur les jeunes pour qu’ils « se lancent dans l’action » à travers des parenthèses et des parlays s’intensifie, brouillant souvent la frontière entre fandom et risque financier.
De plus, les jeunes passent des années à regarder des influenceurs promouvoir des applications de paris et à entendre des amis discuter de « victoires » bien avant l’âge de 19 ans. Lorsqu’ils atteignent l’âge légal, ce comportement leur semble familier et inoffensif. Cette normalisation se produit également à travers les jeux vidéo qui intègrent des « coffres à butin » et des roues de prix, des mécanismes qui ressemblent à des jeux de hasard.
Les conséquences sont réelles. Des éducateurs et des familles nous parlent de jeunes confrontés à des pertes financières, à des notes en baisse, à de l’anxiété et à la dépression. Certains accumulent même des dettes avant de terminer leurs études secondaires.
Les parents sont la première ligne de défense
De nombreux adultes jouent pour se divertir, et il n’y a rien de mal à cela. Cependant, il faut reconnaître que ce qui est récréatif pour un cerveau adulte développé peut être nocif pour un cerveau adolescent.
La bonne nouvelle ? La recherche montre que la participation des parents réduit considérablement le risque de jeu chez les jeunes. Les parents constituent l’outil de prévention le plus puissant de l’Ontario.
Ce que vous pouvez faire :
- Commencez tôt : n’attendez pas une crise. Discutez des risques liés au jeu avant le lycée.
- Connaissez les signes avant-coureurs : surveillez les secrets soudains concernant l’utilisation du téléphone, les demandes d’argent inexpliquées ou les changements d’humeur et de sommeil.
- Créez des limites technologiques : comprenez les applications sur l’appareil de votre adolescent. Discutez des mécanismes « gacha » et des coffres à butin dans leurs jeux préférés.
- Adoptez un comportement sain : si vous jouez, parlez ouvertement de vos limites et du fait que les pertes sont bien plus fréquentes que les gains.
L’essentiel
Nos enfants grandissent dans un monde où le jeu fait partie intégrante de la vie numérique. On leur dit qu’ils peuvent gagner s’ils sont « assez intelligents ». En tant que parents et membres de la communauté, nous devons contrer ces messages avec vérité et soutien.
Pour aider les parents à relever ces défis, nous avons lancé un centre de ressources dédié. Nous avons créé ce site pour servir de boîte à outils pratique, fournissant le langage spécifique et les faits fondés sur des preuves dont les familles ont besoin pour avoir des conversations honnêtes et sans jugement sur les risques du jeu des mineurs. Parce que les jeunes sont conditionnés à considérer le jeu comme inoffensif dans le cadre du divertissement numérique, cette plateforme propose un contre-récit nécessaire, fournissant aux soignants des amorces de conversation, des signes avant-coureurs à surveiller et des conseils clairs sur vers qui se tourner si leur enfant subit un préjudice.
Nos adolescents méritent de profiter de la technologie en toute sécurité, sans le fardeau des dettes de jeu ni des préjudices. La conversation commence à la maison, et elle doit commencer maintenant.
Sarah McCarthy est directrice générale du Responsible Gambling Council, une organisation indépendante à but non lucratif dédiée à la prévention des méfaits du jeu. Depuis plus de 40 ans, RGC s’efforce de réduire les risques liés au jeu grâce à une éducation, une recherche et un soutien communautaire fondés sur des données probantes. Pour obtenir des ressources sur la façon de parler du jeu aux jeunes, visitez ce lien.