Un juge de la Cour supérieure du Québec a décidé de renvoyer à procès en février un homme accusé de fémicide, même s’il a déclaré ne pas avoir réussi à trouver un avocat pour la défense plus de trois ans après le meurtre présumé.
Romane Bonnier était chanteuse, danseuse de ballet et actrice en herbe lorsqu’elle a été poignardée à mort devant son appartement de la rue Aylmer, sur le Plateau de Montréal, près de l’Université McGill.
Il s’agissait du 17e fémicide de 2021 et a conduit de nombreuses personnes à assister à des rassemblements et à des veillées en sa mémoire alors que les appels se multipliaient pour mettre fin à la violence contre les femmes.
François Pelletier, 36 ans, a été arrêté sur les lieux et accusé de meurtre au premier degré le lendemain.
Sa famille affirme qu’il a des antécédents de maladie mentale et, trois ans plus tard, l’affaire n’a pas abouti.
Pelletier a congédié ses trois précédents avocats et le juge a nommé un ami de la cour pour aider l’accusé qui se représente actuellement lui-même, ce qui a entraîné des retards supplémentaires.
Pelletier souhaite une évaluation psychiatrique mais n’a pas réussi à trouver un expert.
Lundi, le juge de la Cour supérieure François Dadour a déclaré que l’accusé ne faisait pas assez d’efforts.
Pelletier s’est plaint d’un dysfonctionnement informatique à la prison de Bordeaux qui l’a empêché de préparer son dossier, mais il a été contredit par un avocat de la sécurité publique qui a souligné qu’il passait en moyenne 50 heures devant un ordinateur dans la bibliothèque de la prison.
Dadour a montré des signes d’impatience accrus devant le tribunal et a rappelé à Pelletier qu’il n’était pas libre de retarder indéfiniment une affaire.
Dadour a imposé des dates de mise en état pour la mi-février et a recommandé aux accusés de faire un effort pour trouver un avocat.