Lorsque les Jeux paralympiques d’hiver débuteront vendredi, ils marqueront une étape importante : cela fait 50 ans que les premiers Jeux paralympiques d’hiver ont pris leur ampleur sur la scène mondiale à Örnsköldsvik, en Suède.
En 1976, moins de 200 athlètes de 16 pays sont venus concourir en ski alpin et en ski de fond, jetant ainsi les bases d’un mouvement sportif d’hiver qui est depuis devenu l’une des scènes paralympiques les plus visibles et les plus compétitives.
Ces premiers Jeux d’hiver furent modestes par rapport aux normes actuelles. Il n’y avait pas de diffusion mondiale, pas de comité d’organisation olympique et paralympique intégré et peu d’hypothèses selon lesquelles le sport pour personnes handicapées appartenait au grand public. Les athlètes concouraient dans des conditions souvent improvisées, en utilisant un équipement très éloigné de la sophistication technologique d’aujourd’hui.
Pourtant, Örnsköldsvik 1976 représentait un saut conceptuel : pour la première fois, des athlètes souffrant de déficiences physiques et visuelles concouraient dans des disciplines hivernales à un niveau international multisports.
Le Canada était présent dès le début, participant aux premiers Jeux paralympiques d’hiver et laissant une empreinte précoce sur les Jeux. Une délégation composée de seulement six athlètes a participé aux deux seuls sports au programme à l’époque, soit le ski alpin et le ski nordique. Le groupe a remporté quatre médailles, dont deux d’or, pour terminer neuvième au classement général.
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John Gow a remporté la première médaille d’or du Canada aux Jeux paralympiques d’hiver dans le slalom masculin (IV A), une épreuve de la catégorie ski alpin et une discipline qui allait devenir un bastion à long terme du podium pour le pays. Lorna Manzer est également entrée dans l’histoire en remportant des médailles de bronze au slalom féminin et au slalom géant (épreuves alpines) pour devenir la première Canadienne à monter sur le podium des Jeux paralympiques d’hiver. 71 athlètes canadiens distincts remporteront une médaille au cours des cinq prochaines décennies.
À mesure que les systèmes de classification évoluaient et que la compétition s’intensifiait, le Canada s’est rapidement adapté, développant une expertise en entraînement et des parcours d’athlète mettant l’accent sur la précision technique et le développement à long terme. Dans les années 1990, les Canadiens ont établi la norme dans les épreuves alpines et nordiques, et le pays est devenu connu pour produire des skieurs techniquement solides, capables d’exceller dans des conditions de neige et des parcours changeants.
Aux Jeux de Turin 2006, le Canada a enregistré son meilleur résultat hivernal avec 13 médailles, se classant sixième au classement général. Les 35 athlètes envoyés en Italie ont réécrit les attentes et ont fait face à la pression du potentiel et des progrès du Canada qui avaient été évoqués pendant des années. C’était le début d’une vague d’élan bien nécessaire avant les Jeux de 2010, organisés à Vancouver.
Même si les Jeux de 2010 eux-mêmes se sont déroulés bien après les débuts, ils ont marqué le point culminant de décennies de croissance progressive. Pour la première fois au Canada, les sports paralympiques d’hiver ont été présentés à un public national massif avec des sites spécialement construits, une planification intégrée de l’accessibilité et une couverture de diffusion soutenue.
Alimentés par leur public, plusieurs Canadiens ont établi des records qui n’ont pas encore été battus. La skieuse para-alpine Lauren Woolstencroft a remporté cinq médailles d’or, devenant ainsi la première athlète paralympique canadienne à remporter cet exploit lors d’une seule édition des Jeux d’hiver. Ce fut un balayage complet dans les cinq disciplines de sa catégorie féminine.
De plus, Viviane Forest est devenue la première athlète canadienne à remporter l’or aux Jeux paralympiques d’été et d’hiver, avec des victoires en goalball et en ski alpin. Brian McKeever, originaire de Calgary, a également attiré l’attention internationale après être devenu le premier athlète nommé dans les équipes olympique et paralympique d’un pays pour les mêmes Jeux. Bien qu’il n’ait pas pris le départ des courses olympiques en raison de changements d’équipe tardifs, McKeever a remporté trois médailles d’or aux Jeux paralympiques de 2010.
La fréquentation a atteint des niveaux records et de nombreux athlètes ont décrit plus tard les Jeux comme un changement culturel, un moment où le sport paralympique n’était plus considéré comme complémentaire, mais central. Les hôtes ont terminé troisièmes après avoir récolté 19 médailles, dont 10 d’or. Les années post-Vancouver ont vu un renforcement de tous les programmes d’hiver, particulièrement en ski para-nordique et para-alpin, ainsi qu’un financement et une professionnalisation accrus. Les athlètes paralympiques d’hiver du pays ont commencé à émerger non seulement comme des médaillés, mais aussi comme des personnalités publiques reconnaissables, militant pour une meilleure accessibilité, l’équité et le bien-être des athlètes.
Le meilleur du Canada est survenu aux Jeux d’hiver de Pyeongchang 2018, où une délégation de 55 athlètes a remporté un nombre remarquable de 28 médailles, soit 12 de plus qu’à Sotchi quatre ans plus tôt. Le Canada a terminé deuxième au classement général pour le nombre total de médailles, derrière les États-Unis, un record national qui n’a pas encore été dépassé.
Bien que le para-snowboard ait fait ses débuts paralympiques en 2014, le Canada n’est monté sur le podium dans aucune épreuve jusqu’à la plus récente, aux Jeux paralympiques d’hiver de 2022 à Pékin. Lisa DeJong a été la première à monter sur le podium avec une médaille d’argent dans l’épreuve de snowboard cross, tandis que plus tard dans la même journée, Tyler Turner a remporté l’or dans son classement.
En prévision des Jeux d’hiver de Milan Cortina, plus de 20 médailles seront disponibles dans des épreuves dans lesquelles le Canada a historiquement terminé parmi les trois premiers.
Les Jeux seront répartis dans plusieurs régions alpines, mettant à l’épreuve l’accessibilité et la logistique d’une manière qui fait écho, bien qu’à une échelle bien plus grande. Pour le Canada, cette étape est moins une question de nostalgie que de tracer une ligne directrice, depuis six athlètes concourant sur une infrastructure empruntée il y a 50 ans en Suède jusqu’à un programme moderne conçu pour concourir dans plusieurs disciplines.