Le directeur du syndicat décrit les avantages de la planification des projets qui inclut les droits autochtones
Alors que les principaux projets de développement prennent forme dans le nord de l’Ontario, il y a une reconnaissance croissante parmi les partisans de l’importance de respecter les droits et territoires autochtones. Plus que jamais, on comprend que la véritable réconciliation économique n’est pas possible sans partenariat significatif avec les communautés autochtones.
Poussée par le leadership autochtone et guidée par des normes internationales, telles que la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP), une nouvelle approche transforme le développement de projets majeurs. Au cœur de ce changement se trouve le principe du consentement libre, antérieur et éclairé (FPIC), qui nécessite un engagement significatif avec les communautés autochtones avant tout travail. Aujourd’hui, les leaders progressistes de l’industrie adoptent cette approche dès le départ, garantissant que les voix autochtones sont non seulement entendues, mais façonnent activement la voie à suivre.
Engagement indigène et impératif de la planification précoce
Le respect des droits autochtones et de l’autodétermination, tels que décrits dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, constitue le fondement du développement de projets équitables. Une participation significative commence bien avant que la première pelle ne touche le sol. Les communautés autochtones s’attendent à ce que leurs territoires, cultures et modes de vie traditionnels soient respectés et reconnus. Ils recherchent également des rôles actifs dans le développement de leurs terres, informant les décisions et garantissant des opportunités d’investissement, d’emploi et d’approvisionnement. L’engagement précoce aide à garantir que les priorités autochtones locales, telles que la création d’emplois et la participation à la chaîne d’approvisionnement, sont intégrées dans le cadre plus large du projet.
La déconnexion de la planification actuelle du projet
Bien que le temps et les ressources importants soient souvent investis dans les évaluations environnementales, les modèles d’actions et la participation locale, y compris l’embauche et les contrats locaux de la main-d’œuvre, le développement d’une stratégie de relations de travail est souvent négligé. Sans planification avancée des relations de travail sur un projet majeur, toutes les parties risquent de ne pas être inférieures aux engagements ambitieux pris au début du projet. Lorsque les stratégies de travail sont traitées comme une réflexion après coup, les avantages promis pour les communautés autochtones et les travailleurs locaux peuvent rapidement devenir inaccessibles. Voici pourquoi.
En Ontario, les accords collectifs conventionnels de la construction présentent souvent plusieurs obstacles au développement inclusif et axé sur la communauté:
- Obligations de sous-traitance: Ces accords appliquent souvent des règles de sous-traitance rigides qui entravent les efforts pour engager des entreprises de construction locales dans les travaux. Bien qu’une entreprise locale puisse choisir de se syndiquer volontairement comme une solution de contournement facile, cette décision est irrévocable. Une fois qu’un entrepreneur choisit de se syndiquer, cette entreprise et son personnel clé (y compris les propriétaires et les gestionnaires de haut rang) deviennent liés en permanence aux règles syndicales. En termes simples, cette entreprise sera à jamais liée à ce syndicat, ce qui peut modifier considérablement leur compétitivité et leur flexibilité sur les projets futurs non syndiqués dans leur région. En dehors de ces méga-projets, la plupart des travaux locaux ne nécessitent pas qu’une entreprise soit signataire d’un syndicat, et le coût et l’inflexibilité qui pourraient être gérables sur un projet majeur rendront l’entreprise non compétitive et éventuellement non viable sur de futurs projets locaux de taille régulière.
- Embauche des exigences de la salle et du personnel: ces exigences peuvent restreindre l’accès local aux possibilités d’emploi de construction sur un projet. Les travailleurs qui ne sont pas éligibles ou qui ne veulent pas rejoindre un syndicat peuvent se retrouver verrouillés par des opportunités d’emploi cruciales – un résultat qui sape la promesse d’un entrepreneur local inclusif et de la participation des travailleurs locaux.
Un exemple frappant vient du cas d’un projet hospitalier en Colombie-Britannique. Initialement conçue avec les avantages de la communauté à l’esprit, le modèle des avantages sociaux de la Colombie-Britannique a interdit par inadvertance les entrepreneurs autochtones locaux et leurs employés de participer à la construction de l’hôpital local. Ce résultat a été particulièrement décourageant étant donné que l’hôpital a été construit sur des terres généreusement fournies par une Première Nation. La leçon ici est claire: sans une stratégie de travail précoce et bien conçue, même des projets bien intentionnés peuvent ne pas soutenir la participation économique autochtone locale.
Les défis juridiques et pratiques du retard de la stratégie de travail
Un autre défi important découle de la loi de l’Ontario, qui limite ou interdit les modifications ou les modifications des accords collectifs de la construction applicables à ces projets. Le défi devient encore plus prononcé lorsqu’un accord collectif avec des dispositions restrictives lie l’entrepreneur principal. Lorsque les stratégies de relations de travail sont retardées jusqu’à la fin du processus, les parties prenantes peuvent découvrir trop tard que leur capacité à façonner les résultats du travail plus inclusifs et flexibles a été considérablement limité.
La nécessité d’une stratégie de travail proactive et inclusive
À la lumière de ces défis, il est essentiel de prioriser une stratégie de travail inclusive. Pour avoir une stratégie de travail éclairée, il faut d’abord comprendre le paysage du travail et les nuances qui différencient les différentes options. Comme cela a été démontré dans d’autres arènes, les gouvernements, les partisans du projet et les communautés locales peuvent avoir un impact sur la stratégie de relations de travail sur les projets majeurs d’une manière qui atténue le coût, prévoit une plus grande inclusivité et la participation des entrepreneurs et des travailleurs locaux, et qui honore le droit démocratique individuel et collectif d’associer librement (ou non) à un syndicat de leur choix.
Adopter une approche proactive pour l’élaboration d’une stratégie de travail apporte plusieurs avantages clés:
- Inclusivité et participation: en évaluant les différentes stratégies de travail dès le départ, toutes les parties prenantes – que ce soit les partisans du projet, les entrepreneurs ou les communautés autochtones – peuvent travailler ensemble pour s’assurer que les entreprises et les travailleurs locaux ont de bonnes occasions de participer. Cela nécessite d’explorer les options de modèle de travail en dehors des accords collectifs conventionnels et exclusifs de l’Union d’artisanat, qui, par conception, protègent les intérêts des travailleurs de ces syndicats – un groupe qui représente moins de 30% des effectifs de construction provinciaux disponibles en Ontario.
- Flexibilité dans les modèles de main-d’œuvre: tous les syndicats n’imposent pas les mêmes obligations restrictives d’embauche et de sous-traitance. Une stratégie de travail précoce permet une évaluation critique de divers modèles de main-d’œuvre, encourageant potentiellement l’adoption de ceux qui favorisent l’inclusivité plutôt que l’exclusivité. Dans certaines industries, les partisans optent pour une stratégie de main-d’œuvre ouverte gérée. Lorsqu’elles sont conçues et gérées de manière appropriée, les modèles de magasins ouverts permettent la pleine participation des membres non syndiqués, de l’union alternative et des syndicats conventionnels. Ces dispositions ouvrent la voie à une implication plus inclusive des entreprises et des travailleurs locaux.
- Évaluation des structures de propriété: clarification précoce de la propriété réelle du projet peut résoudre de nombreuses complexités. Les entités ayant des obligations héritées – telles que la génération de puissance de l’Ontario ou Hydro One – peuvent influencer les modèles de main-d’œuvre et peuvent limiter l’admissibilité à la participation non syndiquée et alternative. Alors que les communautés autochtones occupent des rôles de capitaux propres plus importants dans des projets majeurs, les structures de propriété et leur alignement sur les stratégies de relations de travail deviennent de plus en plus importantes. Lorsqu’ils sont bien conçus, ces cadres peuvent ouvrir la porte à une plus grande possibilité d’emploi et de passation de marchés locaux.
- Soutenir la formation de la main-d’œuvre: une stratégie de travail initiale crée la possibilité d’évaluer, puis de développer de manière proactive des programmes de formation pour doter les travailleurs locaux des compétences nécessaires. Cela devient particulièrement critique face à une pénurie nationale de main-d’œuvre qualifiée, où puiser dans les effectifs locaux et sous-représentés est plus critique que jamais. En élargissant l’accès à la formation, les projets peuvent aider les parties prenantes responsables à dépendre moins d’un bassin étroitement défini de travailleurs syndiqués et plus d’une main-d’œuvre locale diversifiée et qualifiée.
Dans l’attente: maximiser les opportunités pour tous
Les pratiques de travail conventionnelles dans l’industrie de la construction de l’Ontario risquent non seulement les progrès des progrès vers la participation autochtone et locale, mais ils peuvent exclure activement plus de 70% des travailleurs des communautés du Nord et des Premières nations qui ne peuvent pas ou choisir de ne pas rejoindre certains unions.
La priorité aux relations de travail au début du processus jette les bases d’un projet fondé sur la véritable collaboration. Il signale un passage de la résolution de problèmes réactive à une planification proactive et centrée sur la communauté – qui respecte les principes de l’UNDRIP et les expériences vécues des communautés les plus touchées.
En fin de compte, développer une stratégie de travail robuste et inclusive n’est pas seulement une boîte à cocher ou un autre règlement pour naviguer – c’est un tremplin essentiel vers un avenir plus équitable et prospère pour les partisans du projet et les communautés qu’ils servent. L’intégration de ces stratégies dès le départ habilite les entreprises et les travailleurs locaux, contribue au succès à long terme des projets et assure l’alignement sur les principes fondamentaux des droits autochtones et du développement communautaire.
Ian Dewaard possède plus de 25 ans d’expérience dans les relations de travail et est directeur provincial de la CLAC, un syndicat indépendant représentant plus de 60 000 travailleurs dans une variété d’industries, y compris le secteur de la construction du Canada.