Québec maintient le cap sur l’impôt sur les gains en capital, malgré l’incertitude à Ottawa

Pour le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, c’est chose faite. Le taux d’inclusion des gains en capital de plus de 250 000 $ a été augmenté au Québec le 25 juin, même si l’avenir …

Québec maintient le cap sur l'impôt sur les gains en capital, malgré l'incertitude à Ottawa

Pour le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, c’est chose faite. Le taux d’inclusion des gains en capital de plus de 250 000 $ a été augmenté au Québec le 25 juin, même si l’avenir de la mesure fiscale semble incertain au niveau fédéral.

«La mesure est en vigueur et le restera jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement (au niveau fédéral) exprime le souhait qu’elle ne soit plus en vigueur», a déclaré Girard jeudi midi, lors d’un discours prononcé lors du dévoilement de le Bilan de la fiscalité au Québec, réalisé par la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke.

Dans son budget du printemps, le gouvernement Trudeau a annoncé une augmentation du taux d’inclusion des gains en capital de 50 à 66 pour cent, à partir du seuil de 250 000 $ le 25 juin 2024. Suite à cette annonce, toutes les provinces, dont le Québec, se sont alignées sur le décision du gouvernement fédéral.

Cependant, le Parlement est prorogé jusqu’au 24 mars et n’a pas encore voté pour officialiser le changement.

L’Agence du revenu du Canada (ARC) a indiqué qu’elle appliquerait néanmoins les intentions du gouvernement. Le ministère des Finances du Canada estime que la convention parlementaire exige que les propositions fiscales, telles que les mesures fiscales sur les gains en capital, entrent en vigueur dès que le gouvernement dépose un avis de motion des voies et moyens.

De son côté, Girard dit partager cette interprétation des traditions parlementaires.

Cette interprétation ne fait pas consensus parmi les experts juridiques et fiscaux qui se sont exprimés ces derniers jours dans la presse économique.

Dans sa mise à jour économique de l’automne dernier, le ministre des Finances estimait qu’augmenter le taux d’inclusion augmenterait les recettes fiscales d’un milliard de dollars pour l’exercice 2024-2025.

Un retour en arrière pour 2024 ?

Sans faire directement référence à l’élection possible d’un gouvernement conservateur à Ottawa, Girard a reconnu qu’il est possible qu’une nouvelle administration décide de revenir à l’ancien taux d’inclusion.

« Si tel était le cas, il doutait que la décision affecterait les gains réalisés en 2024 et 2025. S’il y avait un changement dans le futur, je prévois que le changement serait prospectif et non rétrospectif », a-t-il déclaré.

Revenir en arrière serait injuste, car certains contribuables ont pris la décision avant la date limite du 25 juin de prendre en compte les changements annoncés, selon le ministre : « Il y avait une incitation à effectuer des transactions avant fin juin pour rester sous le coup de la loi ». ancien taux d’inclusion.

Un changement rétroactif entraînerait également certaines complications, a poursuivi Girard, qui a souligné que la hausse du taux d’inclusion s’accompagne également d’assouplissements pour les entrepreneurs canadiens, notamment en ce qui concerne la déduction pour options d’achat.

«Il y a eu des assouplissements», a expliqué Girard. « Et maintenant, tout le monde parle simplement d’augmenter le taux d’inclusion, c’est donc extrêmement complexe. »