Un nouveau rapport met en garde la population du Nord à un point critique

Les changements de politique fédérale en matière d’immigration menacent les gains démographiques réalisés, selon l’Institut des politiques du Nord Le Nord de l’Ontario est confronté à une crise démographique où les décès dépassent désormais les …

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Les changements de politique fédérale en matière d’immigration menacent les gains démographiques réalisés, selon l’Institut des politiques du Nord

Le Nord de l’Ontario est confronté à une crise démographique où les décès dépassent désormais les naissances dans presque tous les coins de la région.

Selon une nouvelle note d’information provocatrice de l’Institut des politiques du Nord (IPN), la seule chose qui maintient actuellement la viabilité démographique et économique du Nord est une récente et fragile poussée d’immigration et de résidence temporaire.

Le rapport, intitulé « Ne vous arrêtez pas maintenant », prévient que sans le « boom » démographique observé entre 2021 et 2025, la grande majorité du Nord de l’Ontario serait dans un état d’effondrement actif.

Lisez le rapport ici.

Alors que la population globale de l’Ontario a doublé au cours des 50 dernières années, le Nord de l’Ontario a largement stagné. Toutefois, le co-auteur du rapport et président du NPI, Charles Cirtwill, note que le « Nord » n’est pas un monolithe.

La croissance a été inégalement répartie en fonction de la proximité de la région du Grand Toronto :

  • Moyen-Nord (Nipissing, Parry Sound, Muskoka) : croissance de près de 60 pour cent au cours des 50 dernières années – toujours en deçà de la moyenne provinciale, mais faisant preuve de résilience.

  • Nord-Ouest de l’Ontario : a connu une croissance modeste de 10 pour cent au cours de la même période.

  • Le « noyau » Nord (Timmins, Sudbury, Sault Ste. Marie) : La population est restée pratiquement inchangée depuis un demi-siècle, malgré la croissance au sein des centres-villes eux-mêmes.

« L’immigration a été le facteur clé du passage de la stagnation à la croissance », déclare Cirtwill. « Sans la croissance des cinq dernières années, presque tous les districts de recensement du Nord de l’Ontario auraient connu un déclin démographique, à l’exception de ceux situés à quatre heures de route de Toronto. »

La bouée de sauvetage « RNIP »

Le rapport attribue une grande partie de cette récente reprise aux initiatives communautaires telles que le projet pilote d’immigration rurale et du Nord (RNIP). Ces programmes ont été conçus pour éloigner les nouveaux arrivants des « trois grandes villes » surpeuplées du Canada (Toronto, Montréal et Vancouver) vers des régions confrontées à de graves pénuries de main-d’œuvre.

Entre 2021 et 2025, ces efforts ont réussi à inverser des décennies de déclin. Cependant, le rapport soulève un signal d’alarme concernant les récents changements de politique fédérale qui ont « porté un coup dur » au nombre de résidents provinciaux et temporaires.

Les résidents temporaires : une « exportation » nécessaire

Un objectif majeur du rapport NPI est la distinction entre les immigrants permanents et les résidents temporaires (étudiants et travailleurs temporaires). Tout en reconnaissant que le nombre de résidents temporaires a grimpé en flèche à l’échelle nationale après 2021, le NPI soutient que le Nord est injustement puni en raison des pressions du sud de l’Ontario en matière de logement et d’infrastructures.

Le rapport soutient que l’éducation internationale devrait être considérée comme un « produit d’exportation » de grande valeur. Au lieu de réductions massives, le NPI suggère :

  • Stabilisation des chiffres : ramener rapidement le nombre de résidents temporaires dans les régions rurales et du Nord aux niveaux d’avant 2025.

  • Monétiser la capacité : Utiliser les espaces disponibles dans les collèges et universités du Nord qui sont actuellement sous-utilisés.

  • Contraintes géographiques : Aligner les permis de travail postuniversitaires (PTPD) avec les besoins de main-d’œuvre locale pour garantir que les nouveaux arrivants restent dans le Nord plutôt que de migrer vers la région du Grand Toronto une fois leurs études terminées.

La voie à suivre

Le message du NPI aux décideurs fédéraux et provinciaux est clair : le Nord de l’Ontario ne peut pas se permettre une politique d’immigration « universelle ».

Le rapport se termine par deux recommandations urgentes :

  1. Donner la priorité à la croissance : Les gouvernements fédéral et provinciaux doivent donner la priorité à l’augmentation de l’immigration permanente dans le Nord tout en stabilisant – et non en réduisant – le nombre de migrants temporaires.

  2. Accès permanent : Chaque région du Nord de l’Ontario a besoin d’un accès permanent à un programme d’immigration local, axé sur la communauté et adapté à son marché du travail spécifique.

« Nous voulons construire quelque chose de beau ensemble », note le rapport, faisant écho au sentiment selon lequel l’avenir du Nord dépend de sa capacité à rester une destination accueillante et accessible au monde.

Selon la dernière note d’information de l’Institut des politiques du Nord et les données du récent recensement, l’Est-Nord-Est de l’Ontario traverse actuellement un changement démographique aux enjeux élevés.