Article de Scott McNeil-Smith, vice-président, Performance du secteur manufacturier au Consortium d’excellence manufacturière du Canada (EMC), le plus grand consortium manufacturier du pays.
Le 6 octobre 2025, EMC et BDC ont organisé notre deuxième séance d’information nationale annuelle sur les perspectives économiques pour les fabricants – accueillant plus de 300 participants, et bien d’autres ayant accès à l’enregistrement par la suite. J’ai eu le plaisir de modérer la séance, à laquelle participaient deux des plus grands leaders d’opinion du Canada en matière de tendances économiques et manufacturières : Pierre Cléroux, vice-président de la recherche et économiste en chef à BDC, et Jean-Pierre (JP) Giroux, président d’EMC.
Alors que les fabricants de tout le Canada évoluent dans un paysage commercial défini par la hausse des coûts, les perturbations commerciales et l’évolution de la dynamique de la main-d’œuvre, cet événement a apporté une clarté indispensable – et, surtout, une dose d’optimisme prudent.
Une croissance modeste, pas une récession : prévisions économiques avec Pierre Cléroux de BDC
Le discours de Pierre Cléroux a livré un message clair : le Canada ne se dirige pas vers une récession. Malgré les tensions commerciales persistantes et les chocs extérieurs, l’économie se stabilise, bien qu’en deçà de son plein potentiel, avec une croissance modeste en 2025 et une croissance d’environ 1 % en 2026.
« Nous ne sommes pas en récession. Nous n’entrons pas en récession.
Mais nous travaillons toujours en dessous de nos capacités. »
Pierre Cléroux, économiste en chef, BDC
Principaux points à retenir sur le plan économique :
Pierre a donné un aperçu très complet de la performance économique du Canada et des impacts, défis et opportunités de la « nouvelle réalité » auquel notre secteur manufacturier est confronté :
- Les tarifs douaniers ont des conséquences néfastes, en particulier sur les exportations et dans des secteurs tels que les métaux primaires et le matériel de transport. L’Ontario en a fait les frais, perdant 50 000 emplois depuis janvier 2025.
- Les exportations ont baissé de 27 % depuis l’imposition des droits de douane, mais semblent s’être stabilisées à un nouveau niveau de référence plus bas.
- Les dépenses de consommation restent résilientes, soutenant 60 % du PIB.
- Les mises en chantier rebondissent, aidées par les réductions de taux d’intérêt et les investissements fédéraux comme le programme Construire Canada pour le logement.
- L’inflation est maîtrisée (~2 %), permettant à la Banque du Canada de baisser les taux d’intérêt à 2,5 %, une autre baisse étant attendue avant la fin de l’année.
- Prévisions de croissance du PIB réel : ~0,5 % pour 2025 et 0 % à 1,2 % en 2026, ce qui reste inférieur au potentiel du Canada, mais positif.
Les données de BDC montrent que les volumes d’exportations du Canada ont chuté de 27 % depuis l’introduction des tarifs douaniers, l’Ontario subissant les pertes d’emplois les plus importantes. (Source : Perspectives économiques de BDC, octobre 2025)
Pierre a également souligné comment trois investissements fédéraux majeurs dans le logement, la défense et les infrastructures électriques ouvriront de nouvelles opportunités de fabrication nationale partout au Canada :
- Plus de 13 milliards de dollars en construction de logements (Initiative Construire des habitations au Canada)
- Plus de 21 milliards de dollars en acquisitions de défensebénéficiant à la construction navale, à la fabrication de véhicules, à l’aérospatiale et à l’électronique
- Plus de 150 milliards de dollars en modernisation des infrastructures du réseau électrique d’ici 2035 (par exemple, 100 milliards de dollars au Québec, 36 milliards de dollars en Colombie-Britannique, 16 milliards de dollars en Ontario)
« Le secteur manufacturier se réadapte.
Nous pensons que le pire est derrière nous : la croissance sera modeste, mais positive.
Pierre Cléroux
Même si les perspectives d’exportation restent limitées par les tarifs douaniers américains, le conseil de BDC était clair : diversifier les marchés, augmenter la productivité et investir dans l’adoption des technologies pour maintenir la compétitivité.
Problèmes affectant le secteur manufacturier : le pouls du secteur d’EMC avec JP Giroux
Président d’EMC Jean-Pierre (JP) Giroux suivi d’un aperçu perspicace de Le pouls des effectifs d’EMC – développé en partenariat avec le Centre des Compétences futures et 13 organisations nationales.
Le Workforce Pulse a capturé des informations en temps réel de plus de 2 145 employeursdont plus de 800 fabricants (principalement des PME), soulignant à la fois résilience de la communauté manufacturière du Canada et pressions auxquelles il continue de faire face.
Principaux problèmes affectant les fabricants :
- Exposition commerciale et perturbations de la chaîne d’approvisionnement
- Pénuries de compétences et de main-d’œuvre – en particulier dans métiers spécialisés et professions techniques
- Augmentation des coûts énergétiques et opérationnels
- Besoin d’acquisition de nouveaux clients et de diversification des marchés
« Le passage des rôles de travail général aux rôles techniques qualifiés est désormais indéniable. »
Jean-Pierre (JP) Giroux, président, MÉC
Faisant référence aux données Pulse, JP a noté que métiers spécialisés sont désormais classés devant les ouvriers en général comme les postes les plus difficiles à pourvoir dans le secteur manufacturier aujourd’hui.

41% des fabricants recrutent toujours activement ; Réductions du plan de 9 % et 7% sont incertainsreflétant une volatilité continue. (Source : EMC Workforce Pulse, septembre 2025)
Faits saillants de Workforce Pulse :
- 43% des fabricants indiquent des niveaux d’effectifs stables.
- 41% des fabricants continuer à recruter – sans changement par rapport aux enquêtes précédentes.
- 9% prévoient de réduire leurs effectifs au cours des 90 prochains jours ; 7% restent incertainsindiquant le poids de l’incertitude.
- Besoins clés en main-d’œuvre: Embauche/rétention, productivité, rationalisation de la chaîne d’approvisionnement et perfectionnement des compétences.
- Tendance la plus disruptive: Pénuries et rétention de main-d’œuvre – en particulier dans les rôles de supervision, techniques et commerciaux/BD.
JP a également expliqué comment EMC résout ces problèmes à travers :
- Programmes de formation en fabrication verte et avancée
- Perfectionnement des compétences de la main-d’œuvre en termes de compétences techniques, de leadership et essentielles
- Groupes de travail nationaux axé sur la productivité, la cartographie de la chaîne d’approvisionnement et la culture technologique
Nous assistons à un véritable changement : les PME adoptent la robotique et l’automatisation, les personnes les plus qualifiées travaillant désormais aux côtés des robots », renforçant cette adoption de
L’IA et la fabrication avancée s’accélèrent, mais nécessitent un soutien ciblé.
J.P. Giroux
Points saillants des questions et réponses et réflexions finales
Les questions-réponses en direct de la session ont couvert plusieurs thèmes d’actualité :
- Compétitivité des coûts énergétiques: Alors que les fabricants recherchent des tarifs d’électricité plus bas, Pierre a souligné que les provinces investissent actuellement massivement dans la mise à niveau du réseau, ce qui rend improbable une réduction des tarifs à court terme.
- Immigration et offre de main d’œuvre: La réduction des objectifs d’immigration du Canada affectera la consommation et l’embauche. Les entreprises ont été encouragées à investir dans l’automatisation et le développement de la main-d’œuvre pour atténuer les risques.
- IA et cybersécurité: À mesure que l’adoption de l’IA augmente, le besoin de cybersécurité, protection de la propriété intellectuelleet gestion des risques standardisée
- Renégociation de l’ACEUM (2026): Pierre a positionné cela comme un potentiel opportunité pour éliminer les droits de douane et renforcer le cadre commercial – mais a reconnu l’incertitude à venir.
Regarder vers l’avenir
Cette séance d’information nationale a souligné un message central clé : même si la croissance sera modeste et l’incertitude persistante, le secteur manufacturier canadien ne reste pas immobile.
Entre les perspectives fondées sur les données de BDC et les renseignements sur la main-d’œuvre d’EMC, trois actions claires ont émergé pour 2026
- Pivoter vers de nouveaux marchés – Asie-Pacifique, Europe et connexions plus solides avec la chaîne d’approvisionnement nationale
- Investissez dans la technologie et la productivité pour protéger les marges et la rentabilité
- Renforcer la préparation de la main-d’œuvre grâce à des stratégies de formation et de rétention ciblées
« L’incertitude ne signifie pas la récession
– cela signifie que nous devons prendre des décisions différemment.
Pierre Cléroux
Prochaines étapes et ressources
Pour ceux qui n’ont pas pu nous rejoindre, vous pouvez accéder aux présentations de Pierre et JP ci-dessous, ainsi qu’à l’enregistrement de la session et au rapport EMC Manufacturing Workforce Pulse.
Surveillez également la sortie prochaine d’EMC Rapport sur la fabrication avancée 2026 (avec Plant Magazine et Canadian Manufacturing Online)et restez connecté grâce à notre Forums d’excellence en fabrication et des groupes de travail régionaux cet automne et tout au long de l’année.
Comme je l’ai noté dans le récent numéro d’automne de Revue des plantes« Malgré les défis, les fabricants canadiens restent des bâtisseurs, des résolveurs de problèmes et des innovateurs dans l’âme. Les fabricants ne reculent pas devant l’avenir – ils le remodèlent. »
Ensemble, nous contribuons à élever les fabricants canadiens en renforçant leur résilience, en augmentant leurs capacités et en créant de la valeur grâce à l’innovation, à la collaboration et aux nouvelles opportunités.